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 °Convalescence°

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Shaélynn Moore
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MessageSujet: °Convalescence°   Lun 25 Jan 2016 - 12:09

22 mai 2015
Il y a des réveils plus difficiles que d’autres. Et celui-ci était l’était particulièrement. Ses yeux se refermaient dès que Shaélynn tentait de les ouvrir, terrassé par une migraine qui lui donnait envie de s’arracher la tête. Chacun de ses mouvements étaient douloureux et n’incitaient pas vraiment à faire un effort pour se lever. Pour cette raison, elle avait mis plusieurs heures à émerger totalement. Ses yeux s’ouvrirent totalement alors que qu’il faisait déjà bien jour. Se mettre sur ses jambes fut un peu compliqué mais elle finit par y parvenir et se traîna jusqu’à la salle de bains en faisant le moins de bruit possible pour ne réveiller personne. 

La salle de bains était vraiment minuscule mais ils n’auraient pas pu espérer mieux au vu de leur situation. Shaélynn referma la porte sur elle et alluma la lumière. Le reflet qui lui faisait face dans le miroir était assez effrayant. Plusieurs bleus parsemaient son visage blafard et fatigué tandis que de grands cernes sombres soulignaient son regard ensommeillé. Ses lèvres étaient incolores tout simplement. Quelques points de suture à la naissance de ses cheveux signalaient l’endroit où sa tête avait heurté la voiture. Marcos et elle avaient dû procéder à un atelier couture alors que leur seul désir étaient de s’écrouler chacun sur son lit et dormir des heures durant. Ce qu’ils avaient fait après s’être occupés de toutes leurs blessures.

La jeune anglaise enclencha le verrou et commença à se débarrasser du grand t-shirt prêté par le paléontologue et qui lui faisait chemise de nuit vu la différence de taille. Le bilan n’était pas plus réjouissant. Elle avait un nombre incalculable de bleus sur tout le corps, des coupures et des râpures. Le pire restait tout de même sa jambe. Un examen plus attentif lui avait permis de constater que la balle était ressortie. Ce qui restait positif car, elle n’avait pas pu exploser ni laisser de débris et qu’elle n’avait probablement pas touché l’os. Marcos l’avait aidé à suturer la blessure et Shaélynn avait désinfecté son dos et l’avait entouré de bandages. Ils n’avaient pas été deux de trop pour s’occuper de Shivak.

Shaélynn secoua la tête pour effacer toutes images de blessures de sa tête pour le moment. Surtout que, d’après ce qu’elle voyait l’ensemble ne se portait pas mal et même sa blessure à la tête commençait déjà à cicatriser. Autant essayer d’éviter de lui imposer un autre shampoing pour le moment pensa-t-elle en attachant ses cheveux en un chignon un peu lâche. L’eau chaude de la douche fit du bien à ses muscles plus qu’endolori. Elle aurait aimé y rester des heures mais l’endroit était glauque et sa jambe douloureuse. Elle sécha rapidement et remit le t-shirt qu’elle venait de quitter car c’était tout ce qu’elle avait de propre pour le moment. A moins que…

L’espionne mit un moment à mettre la main sur le téléphone de Marcos qu’il avait posé à coté de lui sur sa table de chevet. Elle le remettrai en place plus tard de toutes façons car pour le moment il dormait et elle en avait plus besoin que lui. Même à moitié morte de froid et de douleur Shaélynn n’avait pas pu trouver tout de suite le sommeil après que Marcos soit venu les libérer. L’adrénaline n’avait tenu en éveil un long moment et elle en avait tiré parti en écrivant depuis son adresse de l’universitaire du Caire à un ancien camarade dont elle savait qu’il se rendait à Paris. Elle lui avait demandé de lui ramener ses affaires. Et en consultant sa boîte mail depuis le portable de Marcos, elle put constater que c’était chose faite. Il posait des questions sur les raisons de son départ précipité, sur ce qui s’était passé après qu’ils se soient quitté mais elle ne comptait pas donner de détails car Shaélynn ne souvenait toujours pas de ce qui s’était passé pour qu’elle se réveille nue à coté de Shivak. Le plus important c’est qu’il avait déposé ses affaires à la réception. Juste le temps d’emprunter également le manteau de Marcos, de prendre sa valise (et accessoirement d’acheter de quoi manger à tout le monde), de faire l’aller-retour  Shaélynn déposait tout dans la chambre, bien heureuse de les retrouver. Son premier reflexe ne fut pas de vérifier que ses notes sur le projet T n’avaient pas été volé mais bien de se changer.

Le pyjama short-débardeur qu’elle enfila était clairement trop estival pour la saison mais au moins ça ne serrait pas sa jambe. Une paire de chaussettes épaisses et un gilet en laine furent vite désigner pour l’empêcher de mourir de froid. L’endroit où il avait atterri était totalement miteux mais c’était mieux que rien. Il y avait deux chambres, une salle de bains (ou plutôt un placard salle de bains vu la largeur de la pièce) était desservi par un petit salon/hall d’entrée/kitchenette. Et encore il avait choisis l’une des chambres la plus grande pour ne pas avoir à sortir d’ici. Elle s’empressa de prendre un des sandwiches qu’elle avait acheté et fila retrouver son lit pour s’accorder encore un peu de repos.

A peine avait-t-elle fermé les yeux qu’un bruit la sortit du sommeil. En alerte, Shaélynn se redressa et s’assit au bord de son lit prêt à bondir sur sa seule jambe totalement valide. Pour constater que c’était Shivak qui se réveillait en gémissant. La chambre était minuscule et l’espace entre leurs lits faisaient qu’elle n’avait qu’à tendre le bras pour toucher le jeune homme. Il commençait à se débattre et vu son état général ce n’était pas vraiment la bonne idée du jour. Elle se leva, s’assit sur son lit et entreprit de le maintenir couché en appuyant sur ses épaules tout en lui parlant.


- Shivak, calme-toi ! Allez raconte tes conneries tu va te faire encore plus mal si tu t’agites ! L’argument eu de l’effet sur le jeune homme qui arrêta de se tortiller. Il avait passé plus de 8 heures dans un état de paralysie totalement et ce n’était que maintenant, soit 32 heures plus tard, qu’il reprenait réellement conscience. Ok. Elle relâcha son emprise sur lui et retourna s’asseoir sur son lit à elle. Il avait l’air complètement perdu ce qui était normal vu qu’il n’avait pas pu suivre tout le road-trip qu’avaient vécu Shaélynn et Marcos pour arriver ici. Pour le calmer et le rassurer, elle entreprit de lui raconter. On est toujours à Paris mais à coté à Marne-La-Vallée. On squatte le motel le plus pourri du monde depuis environ 1 jour et demi. Mais point positif j’ai récupéré ma valise, les notes du projet T et personne n’est mort. Marcos est venu nous chercher, faudra lui demander pourquoi et là il dort dans la chambre d’à coté ajouta-t-elle en désignant la cloison derrière elle. Comment tu te sens ? T’arrives à parler ?

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Shivak Garland

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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Mer 27 Jan 2016 - 21:53

Fort, ça veut pas dire que tu pleures jamais. Fort, ça veut pas dire que t'as jamais mal, que t'as jamais froid. Fort ça veut pas dire tout ça. Fort, c'est quand tu te relèves, à chaque fois. Même quand on t'as enfoncé le visage dans la boue, et qu'on t'as ri au nez. Fort, c'est quand tu glisses, tu t'accroches à n'importe quoi, à n'importe qui, pas pour remonter, pas forcément, mais pour ralentir la chute. Fort ça veut pas dire que t'as pas envie de mourir. Fort, ça veut dire que tu continues à vivre, avec l'envie de mourir. Et tu espères qu'un jour, l'envie, elle s'en ira. Fort ça veut dire être fragile, avoir des faiblesses. Fort ça veut dire essayer de faire avec. Fort ça veut dire avoir les larmes qui coulent, et les essuyer d'un revers de la main rageur. Fort ça veut dire être un peu enfant, encore, et avoir besoin de promesses et de secrets. Fort ça veut dire hurler quand il le faut, et se taire, quand on l'a trop fait. Fort, ça veut dire accepter de mourir un peu chaque jour, sous les cris, sous l'hypocrisie, sous la bassesse, juste pour continuer à vivre. Fort ça veut pas dire invincible. Ça veut dire être humain. Juste ça.
Mais comment vous préparer à l'inhumain ?

Si quelques années auparavant on lui avait donné le choix entre mourir et être enfermée, elle aurait choisit d'être enfermée.

Maintenant elle ne voulait rien tant que mourir.

Ces dernières heures son esprit ne s'était pas arrêté une seule seconde, à l'inverse de son corps et de ses sens qui s'étaient quant à eux, complètement évanouis. Visiblement il avait l'impression son corps n'avait plus besoin de dormir. Il restait juste étendue sur le lit et regardait le plafond. En clignant une fois toutes les trente secondes. Le rythme le rendait fou. Le temps était devenu obsolète. Même quand il se battait de toutes ses forces pour tenter de faire bouger un muscle, ne serait-ce qu'un petit doigt, rien ne changeait, pas une seconde. Une fois qu'il s'était résigné à ce que son agonie soit bien plus longue que ce qu'il aurait pu imaginer, les événements semblèrent s'accélérer. La première heure, il l'avait passée à hurler. La deuxième il souffrait. La 3ème, il commença à devenir fou, ayant l'impression d'être hors de son corps, d'avoir une pensée flottante sans jamais pouvoir lui donner un sens, un but. De l'intérieur il appelait à l'aide. La huitième heure il perdit totalement espoir. Il mourrait comme ça, sans pouvoir rien y faire. Il se rendit compte qu'il devenait de plus en plus difficile de penser. Lentement mais sûrement sa conscience s'effaçait. Et ça s'accélérait. Très vite, peut être même qu'il devint difficile de penser, il commença à avoir des moments d'absence. Il arrêtait de penser une seconde et quand il se réveillait Shivak s'imaginait quelque chose de complètement différent. C'était comme si il glissait hors de son corps. Ça n'était même pas "voir une lumière", il n'était pas attiré par un "autre monde". Il cessait tout simplement d'exister.

Que faire ? Ou plutôt, à quoi penser ? Ses actions ? Sa vie passée ? Son avenir si il en avait un ? Il ne savait même plus quoi ? Qui ? Ou ? Une voix... C'était elle. Celle avec qui... Tous les souvenirs revenaient. Leur retrouvaille en Égypte, leur alliance inattendu, le vol de la voiture de l'émir, la soirée festive à danser et à boire jusqu'au bout de la nuit, la suite à l'hôtel et.... Oh Putain !!! Il se souvenait de tout ! Il devait sortir de cet état, il devait retrouver le "Projet T", il devait sortir de sa condition, il devait revoir Emma, il devait arrêter Handréas, Pearce et toute la chimère, il devait dire à Shaélynn ce qu'il s'était passé il y a des années auparavant, ce qu'il ressentait... Il devait vivre !
Regarde-toi ! Regardes-toi bordel ! Tu es jeune, et tu as peur, pourquoi t'as peur ? Arrête d'être paralysé. Arrête de t'inquiéter de ce que les autres pensent, porte ce que tu veux, dis ce que tu veux, écoute la musique que tu as envie d'écouter, met-la à fond et danse. Vis maintenant. Fais-le maintenant. Prends des risques. Dis des secrets. Cette vie est à toi ! Réveilles-toi Shivak !

Il sentit quelque chose, un spasme, une secousse, un tremblement, il était de retour. Un genre de convulsions le parcourait, mais son état général et sa conscience semblaient intactes. Il était complètement perdu, désorienté... Ou était-il ? Pourquoi était ce sombre, pourquoi l'odeur sentait le renfermé ? Encore un lit ? Encore elle ? Décidément, ça devenait sérieux... Il essaya de parler, mais l'en dissuada. Tant mieux, c'était pour sortir une nouvelle connerie qui ne l'aurait surement pas fait rire...
Elle lui fit un topo de la situation et il fut à demi-rassuré. Ses pensées étaient tournées vers ses souvenirs et il avait du mal a regarder la jeune femme car l'une des dernières choses dont il se souvenait d'elle était une image beaucoup moins vêtue. Par bribes, les flashs de leur escapade et de la torture à Paris lui revinrent comme un coup de poing douloureux. En effet, les ecchymoses et les fractures qu'il avait sur tout le corps se réveillaient et il se sentit défaillir. Toutes les sensations, les bonnes comme les mauvaises étaient de retour, il accusait le coup et toutes les souffrances de son corps et de sa chaire. Il n'avait pourtant pas le temps pour ça, ils devaient se remettre en quête du "Projet T", le temps pressait, il tenta de se relever mais ses blessure intercostales l'en empêcha et lui coupèrent le souffle.

- "Il... il faut qu'on parte... Pearce... il..."

Elle avait certainement compris son interrogation, mais il voulait en avoir le coeur net. Ils ne pouvaient pas rester là.
Il regarda dans la direction de la pièce dans laquelle Marcos était, il avait cru comprendre qu'il avait été blessé dans la course poursuite.

- "Marcos... il va bien ?"

Elle lui fit signe que oui. Shaélynn avait un air apaisant et rassurant qu'il ne lui connaissait pas. Qu'elle était cette étrange douceur, aussi soudaine qu’inattendu ? Y avait-il fallut qu'ils frôlent la mort tous les deux pour se rendre compte qu'agir comme chien et chat avait fini par les rapprocher ? Il souriait bêtement. Elle avait fini par lui retirer tout soupçon sur elle et avait finalement gagner sa confiance et rien ne le rendait plus heureux en ce moment précis.

- "Tu as une piste... n'est ce pas ?"

Il n'était pas très doué pour la conversation avec elle, mais ils avaient encore un but commun qu'ils devaient à tout prix conclure avant qu'il ne soit trop tard, ils auraient tout le temps de discuter de la "situation" actuelle après...

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Shaélynn Moore
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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Ven 29 Jan 2016 - 0:02

Pour toutes réponses Shivak tenta de s’asseoir. Shaélynn grimaça en le voyant faire mais elle ne l’en empêcha pas car il se rendit compte tout seul qu’il devait y aller doucement avec ses côtes. Rien qu’à son visage il était clair que le jeune homme n’était pas tranquille. Elle avait eu le temps de s’apaiser depuis qu’ils avaient quittés le hangar et même si l’anglaise ne sentait toujours pas en sécurité, penser que personne n’aurait pu savoir qu’ils étaient ici lui suffisait. Et même si cet endroit n’était clairement pas un cinq étoiles, Shaélynn aurait souhaité y rester quelques jours de plus histoire de récupérer. Elle ne se voyait pas vraiment reprendre la route dans l’état où elle se trouvait encore.

- "Il... il faut qu'on parte... Pearce... il..."

Pearce. Elle ne savait pas qui il était exactement même si Shivak semblait bien le connaître. Ils avaient dû se côtoyer lorsqu’ils travaillaient ensembles pour K-C. Shaélynn ignorait si ils avaient été amis, si le vieil homme avait été son mentor, son collègue ou son chef.  Dans le fond cela ne changeait pas grand-chose. Pearce avait forcément été en contact avec des personnes qui connaissaient Shivak. D’où il venait, qui il était réellement, ce qu’il avait fait avant et pour être ici dans cette pièce avec elle. La jeune femme ne savait que ce qu’il avait bien  voulu laisser paraître. Et cela faisait une grosse différence. Shivak avait voulu se rendre au tombeau, Pearce l’avait anticipé et stopper. Mais que savait-il d’elle ? Rien. L’agent de K-C ne connaissait rien à la jeune femme. L’instinct de Shivak lui disait de changer d’endroit alors qu’elle préférait rester sur place et se faire oublier. Deux façons de penser et seulement l’une connu de l’ennemi. Outre le fait qu’elle n’était pas trop pour écouter les conseils d’un gars qui émergeait d’un simili coma, elle ne lui faisait pas encore entièrement confiance. Pas au point de ne pas écouter son propre instinct.


-Il est vivant aussi malheureusement. Mais on l’a semé au moins. Et mis à part ça aucun de nous trois n’est en état de conduire pour le moment.  

Ce qui était totalement vrai. Elle ne se voyait pas obliger Marcos à forcer sur son épaule et elle ne sentait pas d’appuyer sur les pédales de la voiture avec sa jambe. Quant à Shivak ce n’était même pas la peine de l’évoquer. Il avait une tête à faire peur et pas un centimètre carré de sa peau n’était épargné par les bleus.

- "Marcos... il va bien ?"

Elle hocha positivement la tête. Tandis qu’elle lui expliquait brièvement comment il avait été blessé, Shaélynn vit Shivak sourire. Un sourire léger pas comme l’autre sourire narquois qu’il avait l’habitude de lui servir. Rien de perturbant en soit mais elle en était très mal à l’aise. La situation en elle-même n’était pas très confortable de toutes manières vu leur passif. Partager la même chambre, s’aider, collaborer et même se parler calmement sans se foutre sur la gueule n’était pas dans leurs habitudes. Ils n’étaient pas habitués à ce type d’échanges entre eux. Ce n’était simplement pas naturel.

 - "Tu as une piste... n'est ce pas ?"

Avant tout, Shaélynn lui tendit la boîte en plastique contenant des antidouleurs et la bouteille d’eau posé sur la table de nuit. Vu que la conversation dérivait sur le projet T cela risquait de durer un moment et elle ne tenait pas à le voir se tordre de douleur à chaque respiration. La jeune femme attendit donc patiemment que Shivak en avale deux pour commencer à parler.

-Ouais j’ai une piste. En quelques sortes. Si Mary est en vie elle a probablement gardé sa clé sur elle, ça je te l’avais dis. A moins qu’on ne lui ai volé ou qu’elle ne l’ai donné. C’est sur ça que je base ma piste. Sur le fait qu’elle ai pu me la donner. Elle prit une petite seconde pour retrouver son souffle car elle parlait relativement vite. L’idée m’est venu quand tu a parlé des cinq mots que tu avais trouvé dans le disque de Hammond : Bones, Basilic, Blood, Amber et Gemstones. Sauf que si ça a un rapport avec les clés, y’a un problème quelque part. Hammond, Jonathan, Mary et Handrétruc là ça ne fait que quatre personnes. Donc soit tu fais fausse route en prétendant que ça à un rapport avec la composition des clés soit… On a une cinquième personne avec une cinquième clé à trouver.

Elle fit un petit break pour reprendre ses esprits et ne pas se perdre dans ses théories mais également pour veiller la réaction de Shivak qui l’écoutait attentivement. Pour le moment, elle s’éloignait de l’histoire selon laquelle Mary lui avait donné une clé. Elle gardait cela pour un peu plus tard.

-Donc ça c’était la piste numéro 1 : confirmer la présence d’une cinquième personne sur le projet, l’identifier et savoir si elle est toujours en possession de sa clé. Fais travailler tes neurones et essaye de me trouver un cinquième nom ! Je me pencherais après dans mes souvenirs pour me rappeler de quelque chose. Elle en doutait cependant. Ils recevaient peu de monde chez eux après la mort de sa mère et elle était trop jeune pour se souvenir de ce qui  avait bien pu se passer avant ses 4 ans. Mais elle ne voulait exclure aucune piste et ne pas se décourager pour le moment.

-Admettons que ta théorie soit exacte maintenant : on a cinq clés au lieu de quatre et la clé d’Hammond, sa canne, est en ambre. Les deux éléments qui pourraient le mieux convenir à Mary et Jonathan, Shaé s’obstinait à les appeler par leur prénom devant Shivak, le terme « parents » lui paraissait trop intimes et mal employé ici, serait, probablement, Basilic pour ma mère et Bones pour mon père. C’était pas un fou d’archéologie ou de squelettes de dinos mais il préférait les bestioles aux plantes. Elle eut un petit sourire d’excuses devant les propos un peu idiot qu’elle tenait alors que la situation était tout de même très sérieuse. Néanmoins aussi enfantine que pourrait paraître sa théorie, elle tenait la route. C’était basique mais Hammond avait caché sa clé dans la canne en ambre qu’il ne quittait jamais alors….

-Bref tout ça pour dire que j’avais un collier d’une matière végétal fossilisé quand j’étais gamine. Ça ressemblait à du bois pétrifié mais je ne peux pas le confirmer parce que j’avais genre 6 ans. Ce que je sais c’est que Mary ne l’emportait jamais quand elle partait sur ses chantiers ou pour des séminaires. C’était moi qui le gardais, elle me le confiait pour me dire qu’elle pensait à moi.

Elle leva les yeux au ciel d’un air faussement agacée. Remuer tout cela ne lui plaisait pas beaucoup. Shaélynn n’avait que peu de souvenirs de Mary, pour ainsi dire quasiment aucun, mais la responsabilité du collier avait marqué son enfance.


-Elle y tenait. Vraiment. Et je pense pas que c’était le genre de femme à prendre un bijou de pacotille et faire croire à sa gamine qu’il était important de veiller dessus. Si il y a bien un truc qu’on ne m’ait jamais dis sur elle c’est qu’elle était du genre maternelle. Et là tu va me tuer parce que si ce collier c’était bien la clé de ma mère on est sacrément dans la merde. Shaélynn avait préparé ce beau et long préambule pour une bonne raison : amorcer le choc de ce qu’elle avait encore à dire. Je l’ai enterré. Quand j’avais 8 ans. Et je me suis fais engueuler par mon père quand je lui ai dis. Alors qu’il ne m’avait jamais crier dessus avant. Pour finir, il s’en est voulu et il m’a dit qu’au moins personne n’allait le trouver là où il était. Je l’ai enterré. Avec le recul, elle se rendait bien compte que c'était totalement délirant. Mais cela avait eu lieu 17 ans plus tôt, il y avait prescription non ?  Dans le jardin de mon ancienne maison en Angleterre. Dans une boîte sous un arbre au milieu d’un parc de plusieurs hectares.

Le regard que lui adressa Shivak était tout à fait parlant. Si, il avait pu il l’aurait certainement tué. Pour quelle raison ? Soit il trouvait sa théorie totalement fumeuse soit tout à fait crédible. Et il la tuerait pour avoir enterré ce collier. Au choix.

-Mais saches que je pense pouvoir le retrouver et que, gros point positif, personne à part moi ne risque de mettre la main dessus ! Et sache que je suis très contente et soulagée que, là maintenant tout de suite, tu puisses à peine bouger un orteil. 

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Shivak Garland

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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Dim 7 Fév 2016 - 18:09

Après avoir eu des réponses plus ou moins rassurantes et s'être fait materné pour avaler deux ou trois cachets alors qu'il détestait ça, il écouta ce que son ancienne Némésis avait à lui avouer.
Avant tout, elle lui tendit la boîte en plastique contenant des antidouleurs et la bouteille d’eau posé sur la table de nuit. Vu que la conversation dérivait sur le "Projet T" cela risquait de durer un moment et vu qu'il se tordait facilement de douleurs, Shaélynn allait devoir se montrer patiente...

Elle commença donc par lui expliquer quelques informations concernant leur prochaine étape :

- "Ouais j’ai une piste. En quelques sortes. Si Mary est en vie elle a probablement gardé sa clé sur elle, ça je te l’avais dis. A moins qu’on ne lui ai volé ou qu’elle ne l’ai donné. C’est sur ça que je base ma piste. Sur le fait qu’elle ai pu me la donner. L’idée m’est venu quand tu a parlé des cinq mots que tu avais trouvé dans le disque de Hammond : Bones, Basilic, Blood, Amber et Gemstones. Sauf que si ça a un rapport avec les clés, y’a un problème quelque part. Hammond, Jonathan, Mary et Handrétruc là ça ne fait que quatre personnes. Donc soit tu fais fausse route en prétendant que ça à un rapport avec la composition des clés soit… On a une cinquième personne avec une cinquième clé à trouver."

Après réflexion il finit par se demander si Mary Moore aurait été capable de garder autant de temps sa propre clé sans jamais se la faire voler. C'était peu probable. La piste des 5 clés était en revanche loin d'être une mauvaise idée.

- "Donc ça c’était la piste numéro 1 : confirmer la présence d’une cinquième personne sur le projet, l’identifier et savoir si elle est toujours en possession de sa clé. Fais travailler tes neurones et essaye de me trouver un cinquième nom ! Je me pencherais après dans mes souvenirs pour me rappeler de quelque chose."

La cinquième personne ? Handréas n'avait jamais fait référence à ça. Il se doutait même si il était au courant de l’existence d'une 5ème clé. Après tout c'était possible. Hammond, les Moore, Handréas. Qui aurait pu participer à l'élaboration du "Projet T" et ainsi disparaître sans laisser de traces, ou plutôt, qui était capable de dissimuler la présence d'une telle personne ? Hammond ou Handréas. Mieux valait que la première soit la bonne.

- "Admettons que ta théorie soit exacte maintenant : on a cinq clés au lieu de quatre et la clé d’Hammond, sa canne, est en ambre. Les deux éléments qui pourraient le mieux convenir à Mary et Jonathan, seraient, probablement, Basilic pour ma mère et Bones pour mon père. C’était pas un fou d’archéologie ou de squelettes de dinos mais il préférait les bestioles aux plantes."

Mary = Basilic ; Jonathan = Bones ; Hammond = Amber ; Handréas devait surement être "Blood" alors le 5ème membre devait être la personne a qui correspond "Gemstones". D'après les explications de Shaélynn, il fallait en déduire que la personne que l'on recherchait était un inconditionnel des pierres précieuses ou un archéologue réputé ?

- "Bref tout ça pour dire que j’avais un collier d’une matière végétal fossilisé quand j’étais gamine. Ça ressemblait à du bois pétrifié mais je ne peux pas le confirmer parce que j’avais genre 6 ans. Ce que je sais c’est que Mary ne l’emportait jamais quand elle partait sur ses chantiers ou pour des séminaires. C’était moi qui le gardais, elle me le confiait pour me dire qu’elle pensait à moi."

Bordel mais pourquoi ne l'avoir pas dit plus tôt ? C'était tellement évident.
Elle leva les yeux au ciel d’un air faussement agacée. Elle avait vu qu'il avait percuté ! Et comment ne pas ignorer une telle piste ! Evidemment qu'elle lui avait confié ! Il sentit une certaine gène dans le fait de remonter dans tous ces souvenirs.



- "Elle y tenait. Vraiment. Et je pense pas que c’était le genre de femme à prendre un bijou de pacotille et faire croire à sa gamine qu’il était important de veiller dessus. Si il y a bien un truc qu’on ne m’ait jamais dis sur elle c’est qu’elle était du genre maternelle. Et là tu va me tuer parce que si ce collier c’était bien la clé de ma mère on est sacrément dans la merde."

Rebondissement, son coeur avait fait un bond. Qu'est ce qui pouvait être si important pour qu'elle le mette en garde ?

- "Je l’ai enterré. Quand j’avais 8 ans. Et je me suis fais engueuler par mon père quand je lui ai dis. Alors qu’il ne m’avait jamais crier dessus avant. Pour finir, il s’en est voulu et il m’a dit qu’au moins personne n’allait le trouver là où il était. Je l’ai enterré. Dans le jardin de mon ancienne maison en Angleterre. Dans une boîte sous un arbre au milieu d’un parc de plusieurs hectares."

Le regard que lui adressa Shivak était tout à fait parlant. Si, il avait pu il l’aurait certainement tué. Mais quelle conne...
Bon après tout il pouvait pas en vouloir à une gamine de 8 ans... Mais bon, creuser ? Sur plusieurs hectares ? Elle avait intérêt à avoir une sacré mémoire parce qu'il allait finir par l'égorger si il devait creuser toute une journée...


- "Mais saches que je pense pouvoir le retrouver et que, gros point positif, personne à part moi ne risque de mettre la main dessus ! Et sache que je suis très contente et soulagée que, là maintenant tout de suite, tu puisses à peine bouger un orteil."

Oh oui tu as de la chance... Maintenant, il fallait retrouver cette clé, au moins en avoir une pour qu'Handréas ne puisse pas ouvrir la porte qui protégeait le "Projet T" . La première étape était donc de se rendre en Ecosse. Fallait-il partir de suite ? Attendre d'être remis sur pied ? Prévenir Marcos de leurs plans ? Il ne savait pas trop quoi lui dire à part :

- "C'est une habitude chez nous de nous retrouver un peu plus dans la merde à chaque rencontre n'est ce pas ?"

Sa blague lui fit mal au côtes mais après tout, il l'avait cherché. Mieux valait rire de cette merde plutôt que d'en pleurer. Aussi, prit dans un élan de bien être il lui prit la main, simplement et il la regarda droit dans les yeux.

- "Merci..."

C'était tout ce qu'il avait à lui dire, mais elle comprendrait surement le sens de tout ce que cela signifiait. L'avoir sauvé, s'être occupé de lui, ne pas l'avoir abandonné. L'instant dura que quelques secondes mais il semblait s'être perdu dans son regard pendant plusieurs minutes. Après tout, cette scène s'était déjà produite, quelques jours auparavant, en Egypte, juste après avoir quitté le Night club de l'Emir ou ils s'étaient retrouvés. Ils avaient fuit s'était retrouvé dans un hôtel, lui allongé sur le lit, complètement bourré et elle, qui le fixait d'une manière sauvage, leur regards plongés l'un dans l'autre, un air malicieux sur le visage et puis....
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Shaélynn Moore
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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Mar 9 Fév 2016 - 0:22

Ils s’étaient rapprochés petit à petit jusqu’à ce que le taux d’alcoolémie de Shaé juge Shivak suffisamment près pour se pencher vers ses lèvres. Loin de la repousser le jeune homme s’était au contraire approché et ils s’étaient embrassés. Shaé ne se souvenait pas de ce qui avait pu lui passer par la tête et elle s’en voulait à mort. Le contact de la main de Shivak sur la sienne avait ravivé sa mémoire et  l’avait amené à se souvenir du baiser qui avait tout déclenché. Et ce moment semblait avoir eu un effet domino sur la mémoire de Shaé. Pas suffisamment pour qu’elle soit en mesure de raconter ça dans un ordre précis et chronologique mais assez pour reconstituer les évènements et se souvenir du moment où elle avait commencé à déboutonner sa chemise.

Shivak ne la lâcha pas des yeux pendant les quelques secondes que dura ce face à face mais elle avait le regard un peu dans le vide. Elle fit un hochement de tête pour répondre à son merci et retira sa main de celle du jeune homme. Sa migraine la reprenait et elle souhaitait mettre un terme à cet échange de regard qui la mettait plus que mal à l’aise. Son cerveau continuait, malgré sa volonté, de lui faire revivre la soirée en Egypte et lui exposait des images de Shivak révélant des parties de son anatomie qu’elle se serait bien contentée d’imaginer ainsi que d’autres d’eux deux bien trop dévêtues et passionnés. Biosyn lui avait appris à se sortir d’un grand nombre de situations mais rien sur « comment faire quand on a couché avec son pire ennemie/nouvel allié, qu’on était bourrée et qu’on commence à se souvenir de la soirée».

Pour le moment, Shaélynn était juste au summum de la gêne. Elle était censé répondre à sa blague ou du moins relancer la conversation mais son cerveau était tellement en panique que pas une seule pensée cohérente ne lui traversait l’esprit.

-Quand tu parles de situation merdique tu inclues la fois où t’as essayé de me tuer ? Ou ça ne comptait pas ? Demanda-t-elle, avec un sourire, tout en passant ses doigts sur la suture à la naissance de ses cheveux. Elle avait tellement mal à la tête qu’elle se demandait même si les points n’avaient pas lâché. Heureusement ce n’était pas le cas.

C’était salaud de faire référence à leur ancienne altercation mais contrairement à lui elle avait plus de mal à accepter ce qui était arrivé. C’était une manière de poser des limites. Tout ça n’était finalement pas si loin. Deux ans n’étaient pas suffisants pour effacer le climat de tension qui avait toujours existé entre eux, le chantage et les stratagèmes qu’il avait employé pour la forcer à collaborer.

-Je me demande si on devrait vraiment aller en Angleterre chercher ce collier, ajouta-t-elle sans lui laisser le temps de répondre. Si ce collier était vraiment la clé de Mary et qu’on ne le déterre pas, personne le retrouvera jamais. Et Handréas a besoin de toutes les clés pour y accéder non ?

De quoi se souvenait Shivak de leur soirée ? Shaélynn priait pour qu’il ait moins de souvenirs d’elle qu’elle n’en avait de lui. Il fallait qu’elle arrête d’y penser et qu’elle se concentre sur autre chose. Le flot de souvenirs allait forcément finir par s’arrêter. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Elle en était presque à vouloir se prendre une autre cuite ou des somnifères histoire d’être plus tranquille. Mais s’ils décidaient de se mettre en route, ils n’avaient pas beaucoup de temps à perdre. Toute l’histoire avec l’émir ne les avait pas amenés à grand-chose. Et il était probablement celui qui avait permis à Pearce de les retrouver. Mais pour sa défense, les deux ex-espions avaient volé sa voiture et une partie de son argent qu’ils avaient dépensé en buvant une quantité astronomique d’alcool. Alors qu’elle-même était déjà passablement éméchée lorsqu’elle avait laissé ses amis de la fac du Caire pour suivre Shivak.

-Et si on décide de partir pour l’Angleterre : est-ce qu’on emmène Shannon ? Elle fit une pause. Fais moi penser qu’un jour on aille boire un verre… Elle rectifia sous le regard moqueur de Shivak, un café comme des gens normaux sans attaquer ni être attaquer par personne.


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Shivak Garland

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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Sam 5 Mar 2016 - 21:53

Quelques jours plus tard.


C'était le début de l'après-midi, et le parc irradiait de beauté. Une lumière chaude inondait l'atmosphère, colorait les ombres, transformait chaque gouttelette de rosée en une traînée d'or, comme pour compenser la froideur du matin. Au seuil de son apogée florissante en cette période de printemps, la nature semblait resplendissante de vie, baignée d'une force bienfaisante qui la rendait belle et chaleureuse. Shivak adorait le printemps.

Son carnet coincé sous le bras, il traversait la pelouse pour se perdre dans le sous-bois, au fond du parc, là où personne ne pourrait le voir depuis le domaine. La forêt l'accueillit de son univers de sons et de parfums uniques. Le monde semblait prendre une autre dimension ici. Une porte donnant sur un écrin de paix, d'harmonie, de sérénité, tout ceci livré à la liberté sauvage de la nature. Parfois, il s'enfonçait plus loin qu'il ne l'avait prévu, dans l'espoir inavoué de ne jamais revenir, de faire partie à tout jamais de cette mécanique parfaite, pour disparaître, tout simplement, en pleine vérité.

« La beauté est vérité, la vérité beauté. C'est tout ce que vous savez sur Terre. Et c'est tout ce qu'il faut savoir. »

Il s'accorda un faible sourire. Les vers de John Keats lui venaient à l'esprit lorsqu'il entrait dans le sous-bois. Enjambant un tronc déraciné par la dernière tempête, il se fraya un chemin à travers les feuilles mortes et les ronces écrasées, témoignage d'un passage fréquent. Il écarta quelques branches récalcitrantes, prenant garde à ne pas déchirer les toiles d'araignée : véritables œuvres d'art luisant à la faveur d'un rayon de Soleil. Enfin, il aperçut les ruines, et la lumière plus abondante qui marquait la lisière de la forêt. Émergeant d'entre les arbres, il se retrouva au sommet d'un gigantesque panorama, une pointe de roche dénudée au-dessus d'une falaise à pic, tombant droit sur la forêt profonde en contrebas, la rivière, et les montagnes au loin. Les ruines attendaient là, compagnes silencieuses et fidèles de ses pensées.

Shivak avait fait quelques recherches dans les archives de la demeure et à la mairie du village, pour finalement découvrir qu'autrefois, la demeure originelle s'était dressée au sommet de cette colline, dominant le paysage, une grande maison victorienne qui avait brûlé du grenier aux fondations presque deux cents ans plus tôt. Il n'en restait plus aujourd'hui que quelques marches, un perron, et le grand kiosque à la peinture blanc cassé, seul rescapé du chaos, solitaire et laissé pour compte, juste comme eux.

Shaélynn l'avait suivi. Leur blessures étaient toujours vives à la sortie de Paris, mais ils devaient continuer leur course au Projet T, réussir à la trouver avant la Chimère était devenu une priorité. La pression quotidienne de la menace Pearce Sanders se faisait sentir et malgré le fait qu'ils aient laissé Marcos en France, ils n'avaient pas vraiment pris le temps de se poser. Il gravit les marches et fit le tour de la balustrade, puis elle se figea. D'ordinaire, la jeune femme se serait assise sur la rambarde de pierre, face au Soleil descendant, et elle aurait contemplé le paysage jusqu'à ce que l'inspiration lui vienne, mais aujourd'hui, le paysage l'avait marqué d'une emprunte indélébile. Elle aurait laissé son regard courir sur les versants escarpés de la forêt, sur la splendeur des hauteurs au loin qui se dérobaient à elle, sur la magnificence absolue de la nature, qui enroulait ses lambeaux de brume tel un drapé précieux. Peut-être aurait-elle fini par ne rien dire si Shivak ne lui avait pas poser la main sur l'épaule de manière rassurante. Peut-être aurait-elle passé l'après-midi à ressasser les pensées qui l'habitaient, là, à contempler la maison de son enfance. Dans tous les cas, elle se serait assise sur cette balustrade, mais aujourd'hui, la place était déjà prise. Shivak y avait posé un grand sac à dos, chargé de plusieurs pelles et le bruit sourd des outils de jardinage frappant la dureté de la pierre l'avait fait doucement sourire.


- "On y est..."


Il sortit son carnet ou il avait noté tout ce qu'il y avait à savoir de cet endroit. Les plans de la maison qu'ils avaient réussi à craquer avec l'aide de Nedry sur le web. Shaélynn l'avait aidé sur les différentes localisations possible de l'endroit ou elle avait enterrée sa clef, mais le terrain que la jeune femme appelait "Jardin" s'étendait sur plusieurs hectares de forêts, de champs et de ruines... En effet, le bâtiment était abandonné depuis la disparition tragique des Moore, depuis prêt de 20 ans. Les murs étaient recouverts d'une épaisse couche de lierre, de mousses et autres plantes grimpantes. Sa splendeur d'antan semblait s'être évanouie dans le temps.

Ils descendirent un peu plus en contrebas, sur un chemin de terre, parsemé de myrtilles et d'autres arbustes à baies.
Devant lui, un terrain immense, mis à l’abandon. Un vieux portail de fer rongé par les années fermait le terrain. Ou plutôt, il était censé fermer le principal accès au domaine. Il était très usé, donc un seul coup de pied et il aurait lâché. Je restai clouée sur place. Un immense manoir à moitié démoli et brûlé se tenait un peu plus loin, luttant contre le temps et la météo des années passantes. On y devinait au sol le tracé d’une allée de gravier, recouverte d’herbes et de racines.

Ils s'enfoncèrent dans le terrain, pour atteindre les marches recouvertes de moisissures. La porte, vacillante au gré du vent, claquait sans arrêts. Ils allaient devoir passer quelques jours ici. Il en était presque certain car Shaélynn n'avait pas bronché sur le sentier. Aucun indice, le moindre petit souvenir ne semblait leur indiquer l'endroit ou creuser. A moins qu'un retour au sources ne l'ai bouleversé ? Il décida donc de détendre l'atmosphère. Dans leur cavale à travers l'Europe, le jeune homme avait réussi à passer du temps avec sa Némésis et ils s'étaient rapprochés à tels points qu'il se demandait encore si il devait la considérer comme une ennemie. Sa confiance en elle avait grandi et une relation avait commencé à se construire, petit à petit, pas à pas. Qui aime bien châtie bien comme on dit...

Il sortit du grand sac de pelles plusieurs autres objets utiles à leurs séjours dont un nécessaire de camping, un détecteur de métaux et un thermos achetés en supermarché avec l'argent de l'émir. Utilisant le capuchon de ce dernier, il lui servit une tasse de café avec un sourire :


- "Il semblerait bien qu'on va pouvoir le prendre ce café..."
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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Mar 8 Mar 2016 - 12:39

Les angoisses de Shaélynn n’avaient cessé de monter en flèche à mesure qu’ils s’approchaient de l’Angleterre. La peur de remettre les pieds dans le domaine familial ne la quittait pas et elle ne cessait de se demander ce qui se passerait à ce moment là. Elle n’y avait pas remis les pieds depuis le jour où la bâtisse avait quasiment été vidée par les huissiers.  C’était arrivé il y a tout juste 6 ans, juste après la mort de son père. Etre obligée de rester là à observer des professionnels estimer la valeur de chaque meuble avait été une épreuve assez terrible pour la jeune fille de 16 ans qu’elle était à l’époque. Le manoir avait été saisi à son tour quelques jours plus tard. Le temps que Shaélynn libère les lieux et obtienne son émancipation.

C’était tout ses évènements qu’elle revivait en traversant les villes et villages qui entouraient le Manoir des Moore. L’ambiance avait été assez calme et silencieuse durant les heures de trajet qui séparaient l’endroit où ils avaient passé la nuit du domaine. Shivak n’avait pas essayé de faire de blagues pourris et s’était tenu plutôt en retraite. L’attitude de Shaélynn n’encourageait de toute manière pas à la discussion. Pour qu’il ne se sente pas obligé de faire la conversation, la jeune femme préféra faire semblant de dormir durant la dernière heure de route. La tête résolument tourné vers la vitre, Shaélynn tentait de garder son calme à défaut de pouvoir trouver le sommeil.

La voiture finit pourtant par s’arrêter et Shaélynn se décida donc à en sortir. A deux ils vidèrent rapidement le coffre de leur affaire. Elle fit signe à Shivak de partir devant pendant qu’elle remettait son épais gilet de laine. Ce mois de mai était plutôt pourri même pour l’Angleterre. Heureusement le trajet jusqu’à la maison ne leur prendrait pas énormément de temps. En voiture, ils auraient été là bas bien plus vite mais la voiture aurait facilement été repéré. En coupant à travers les bois, ils seraient plus discrets. La marche aurait au moins l’avantage de la débarrasser du poids qui comprimait son estomac et lui donnait la nausée. Mais elle allait probablement crever de froid. Après tout ces mois en Egypte, elle ne s’était pas réadaptée à la température.  

Au fur et à mesure des jours, Shaélynn en venait à « oublier » la présence de Shivak. Ou du moins elle ne la voyait plus comme une ombre menaçante qui planait à chaque instant. Elle appréciait même sa présence et se sentait rassurée de savoir qu’il n’était jamais loin. Paris avait changé beaucoup de choses dans leur relation. Un équilibre avait été trouvé sans que personne ne le cherche. Ils l’avaient simplement laissé s’installer. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis comme le dit l’adage. Encore un mois et peut être qu’ils iraient ensembles à des cours d’aquaponey tout les jeudis soir qui sait ? L’idée arracha un sourire à Shaé.

Il s’effaça en voyant que l’endroit choisis par Shivak pour faire une pause n’était autre que les ruines de l’ancienne demeure. Pas la sienne mais celle qui avait été là avant la leur. Un de ses endroits préférés lorsqu’elle était enfant. Elle n’avait pas vraiment le droit de venir ici seule mais elle l’avait souvent fait. Son père l’emmenait ici de temps à autre et il leur était même arrivé de pique-niquer à l’abri du kiosque. Elle posa les deux sacs à dos qui lui striaient les épaules près des affaires de Shivak et se força à observer le paysage. Une vue curieusement familière mais douloureusement différente. Six ans s’étaient écoulés depuis la dernière fois qu’elle avait contemplé cette vue et le parc avait souffert de ne plus être entretenu. Plus personne ne s’occupait des extérieurs les plus proches de la maison depuis six ans mais cela faisait bien plus longtemps que la nature avait repris ses droits sur le reste du parc.

A court d’argent Jonathan Moore avait préféré conserver son budget pour des choses moins futiles que l’entretien des hectares qui entouraient la maison. Désormais les broussailles et les mauvaises herbes semblaient s’étendre jusqu’à la maison. Et même sur la maison au vu de ce qu’elle apercevait depuis ici. Shaélynn s’en détourna et se concentra sur le reste du paysage. Tout ce qui n’avait pas changé et s’était figé dans le temps : la cime des arbres, celles des pentes au loin, le ciel. L’émotion lui serrait la poitrine rendant sa respiration laborieuse. Si, elle ne trouvait pas rapidement la clé qu’ils venaient chercher leur séjour ici allait s’éterniser. Mais Shivak l’empêcha de s’étendre là-dessus et la sortit de ses pensées.

- "On y est..."

Elle tourna à peine la tête vers lui, mais acquiesça et alla chercher son sac. Ils reprirent leur chemin en silence. Sans les ronces et les branches qui parsemaient le sentier de gravier, Shaélynn aurait certainement pu aller d’ici jusqu’au deuxième étage quasiment sans ouvrir les yeux. Elle connaissait chaque recoin de ce jardin et de cette maison. Une maison qu’elle ne reconnaissait plus. Un incendie avait en partie détruit le toit de ce qui avait été le bureau de sa mère au rez-de-chaussée. Les volets de toutes les fenêtres du premier étaient clos sauf ceux de la cuisine qui étaient cassés. Des planches barraient une grande majorité des fenêtres pour empêcher les squatteurs et les jeunes d’entrer dans la maison. Mais à en juger par la porte d’entrée battante cela n’avait pas suffit. Shaélynn hésitait maintenant entre vomir et pleurer. Les bras croisés, elle n’arrivait pas à se résoudre à entrer.

Shivak profita de ce moment pour lui proposer une tasse de café tout en glissant une référence à la conversation qu’ils avaient eue à Paris. Shaé parvient à articuler un « merci » un peu étranglée et à lui adresser un sourire. Elle en prit une gorgée et crut s’étouffer. Shivak avait eu l’amabilité de le faire moins fort que celui de la veille mais il restait encore bien trop corsé au goût de Shaélynn. Se gardant de faire une remarque là-dessus, elle préféra poussa la porte en bois de la bâtisse et lui lança :

-Après toi ! Technique de couard. Mais si elle trouvait des gens squattant son ancienne chambre, elle risquait de tuer quelqu’un.

Pourtant l’intérieur de la maison était sensiblement moins pire que l’extérieur. Les murs avaient souffert de l’humidité, du froid, des dégâts de l’incendie et tout étaient sales mais, dans le hall tout du moins rien n’avait été tagué. Elle s’avança prudemment vers le centre du hall où elle pouvait apercevoir à travers les encadrements de porte (sans porte) qui donnaient sur le salon et la salle à manger. Même constat dans ces pièces. Mis à la part, la saleté ambiante et les dégâts des années, rien ne lui semblait irréparable. Enfin, elle n’était pas architecte et elle n’osait pas imaginer le montant que pourrait nécessiter les travaux. En supposant qu’elle ai un jour assez d’argent et un casier judiciaire assez propre pour pouvoir ne serait que la racheter.

L’idée ne lui était jamais venue. Et là, elle s’imposait à elle tout naturellement. C’était chez elle ici. Shaélynn leva les yeux vers l’imposant escalier qui menait aux étages. La première porte juste en face de l’escalier avait été le bureau de son père. Cette simple pensée et les souvenirs que ravivait cet endroit la firent reconsidérer son projet de racheter la maison. Pouvait-elle vraiment vivre dans la maison où son père était mort ? Où son père avait même été assassiné selon les dires d’Hammond ? Non.

Shaélynn ne se doutait pas que la maison ravivait aussi des souvenirs chez son compagnon de galère. Shivak, lui aussi connaissait la maison. Il semblait lui aussi perdu dans ses pensées mais la jeune femme mit cela sur la situation dans laquelle ils se trouvaient : la recherche de la clé, la menace de Pearce, le charme délicatement glauque de la maison…

-Tu veux qu’on s’installe où ? Elle désigna l’escalier d’un mouvement de tête faute de pouvoir bouger les bras encombré par ses deux sacs et son sac et enchaîna : Il risque de faire plus frais en haut mais on pourrait surveiller l’entrée au moins si on arrive à débloquer une fenêtre. Un frisson la parcourut et elle posa ses affaires au sol sans lâcher sa tasse. Tandis qu’elle attendait la réponse de Shivak, elle entreprit de pousser la porte d’entrée et de la bloquer en position fermé. A la première bourrasque de vent un peu sérieuse, elle s’ouvrirait sans doute de nouveau mais au moins ce bruit allait cesser de résonner dans la bâtisse vide.  Cela ne rendait pas l’endroit plus accueillant. Ni plus familier malheureusement. Si y’avait pas ce vent je crois que je préférerais encore dormir dehors. Elle fit un sourire à Shivak. Comme c’est toi qui voulais venir ici au plus vite, je te propose d’organiser le programme !

Shaélynn n’avait plus envie de penser à rien. Elle voulait simplement trouver quelque chose à faire et se concentrer sur cette tâche jusqu’à s’écrouler de fatigue et recommencer le lendemain. Et surtout s’éloigner au plus vite. Malgré son gros gilet en laine et son écharpe, elle avait l’impression que cet endroit lui glaçait le sang jusqu’à l’os. A tel point qu’elle sentait chaque pore de sa peau se hérisser à chaque courant d’air. Jamais elle ne s’était sentie aussi peu chez elle qu’à cet instant.

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Shivak Garland

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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Jeu 16 Juin 2016 - 23:05

Le goût du café lui arracha une grimace discrète qui fit sourire Shivak. Si leur relation s’améliorait leur point de vue sur ce qu’était un bon café n’était pas le même.

Le goût est lié avant tout à l’habitude, qu’aux souvenirs, à notre éducation culinaire. Elevé par des agents de K-C, Shivak n’avait connu que des cafés corsés, amères, bu sans sucre. Le palais de Shaélynn avait été habitué à des saveurs moins fortes mais plus subtiles et raffinées. La demoiselle mettait parfois jusqu’à 3 sucres dans son café.  La jeunesse dorée de la jeune femme se ressentait à tout instant dans ses manières qui ne manquaient pas d’attiser les moqueries de Shivak. Malgré sa résistance aux épreuves qui l’entouraient.

Le goût était lié aux souvenirs mais ce n’était pas ce sens qui ravivait la mémoire de Shivak. La maison  apportait chez lui aussi un flot de souvenir. Bien que l’état de la maison ait considérablement changé, il se souvenait précisément de ce qu’elle avait été 7 ans plus tôt. Il se souvenait  avoir gravi l’escalier jusqu’au 1er étage. Avoir longé la rambarde à sa droite et s’être retrouvé devant la porte du bureau de Jonathan aux alentours de 13h30. M.Moore ne dormait plus que quelques heures par nuit et l’espion de K-C l’avait surpris durant les 20 minutes de sieste hebdomadaire qu’il s’accordait le jeudi.

C’était la sensation du métal froid sur sa tempe qui tiré le quadragénaire du sommeil.

-Après toi ! Tu veux qu’on s’installe où ?

Comme l’indiquait la jeune femme le 1er étage était la position stratégique idéale. Ils n’étaient nulle part cela dit. Où qu’ils aillent Pearce Sanders et Biosyn sauraient mettre la main sur eux. Ils en avaient largement les moyens. Durant ses deux années, ils n’avaient cessé de sentir la présence de leurs chasseurs. Traqués, les deux anciens espions avaient errés chacun de leur coté. Leurs retrouvailles inattendues n’étaient dues qu’au hasard.  

Si l’Egypte semblait être une destination obligatoire pour enquêter sur Mary Moore et ses recherches. Le manoir des Moore, contre toute logique, ne l’était pas autant. Outre les souvenirs qui n’existaient plus que pour Shaé, il était vide. Littéralement. Il n’avait aucun intérêt car tout avait été débarrassé. Leurs ennemies avaient dû s’y rendre bien avant eux. Seul Shaé savait comment y trouver de la valeur.

-On va au deuxième oui. Avec vu sur l’entrée et le chemin qui va au portail,
déclara-t-il sans s’attarder sur davantage la pique que lui lançait la jeune femme. Ni s’appesantir sur le mail aise évident qu’elle ressentait ici. Tout en montant les affaires en haut du grand escalier en bois, ce qu’il avait éprouvé deux jours plus tôt en se réveillant à Paris lui revint en mémoire. Son désir de lui avouer ce qui était réellement arrivé à Jonathan. L’envie était toujours là mais sa raison lui disait que cela briserait définitivement le fragile équilibre qui existait entre eux.
Le jeune homme dû faire deux voyages pour parvenir à monter toutes les affaires tandis que Shaélynn inspectait les pièces qui donnait sur l’entrée. En remontant, il constata que la jeune femme n’avait pas bougé. Déposant le lourd sac qu’il portait, il se dirigea vers la première pièce à gauche de l’escalier. Des murs rouges et d’autres crèmes, la pièce avait plutôt bien survécu mais la vue depuis la fenêtre n’était pas assez large pour permettre d’avoir le chemin qui menait au portail en vue. La seconde pièce à droite abordait une peinture rose défraichie et une superbe vue sur le portail. Lorsqu’il ressortit de la pièce pour lui faire part de son choix, il vit que la jeune femme allait le contester. Il anticipa.

-c’est toi qui m’a dit de choisir ! Mais tiens, il lui lança les clés de la voiture. Toi qui voulais dormir dehors, au moins t’auras pas le vent comme ça !

Shaélynn prit un air excédée et lui relança les clés. Shivak crut cependant voir un léger rictus sur son visage.  C’était déjà un grand pas en avant même si on était loin de l’éclat de rire. Les minutes suivantes passèrent en silence tandis qu’ils déballaient et installaient leurs affaires. Tout le matériel de camping et de « fouilles » était neuf et comme ils allaient passer un nombre indéfini de jours ici il fallait s’organiser ! Le matériel de fouilles trônait dans un coin de la chambre, les pelles contre le mur et les outils plus légers dans une caisse. Un réchaud avait été installé dans le foyer de la cheminée et tout ce qui représentait la partie cuisine était entassé dans une seconde caisse. Pas loin de la seule source de chaleur, ils avaient déposé leurs sacs et leur sac de couchage respectif. Autant dire que le confort était sommaire ces derniers temps.

-Bon ! Il déposa une pile de feuilles blanches ou manuscrites en vrac sur le sol près des sacs de couchage et lui lança : qu’est-ce qu’on cherche ?
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Shaélynn Moore
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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Dim 11 Sep 2016 - 12:59

Shivak avait validé leur installation au 1er étage. Bien qu’il s’agisse de la meilleure position en terme de stratégie il s’agissait encore d’une autre épreuve pour Shaélynn qui savait d’ors et déjà quelle chambre allait présenter la vue la plus dégagée sur l’entrée : la sienne ? Son ancienne chambre du moins. Spacieuse, elle disposait d’une vue dégagée sur le chemin qui menait au portail. La seule entrée officielle accessible aux voitures. Elle ne les prémunissait pas contre tous les dangers mais elle allait leur permettre de surveiller un large périmètre car, elle était située dans l’un des angles de la maison. Avec ses deux larges fenêtres, elle était idéale pour eux.

Ils prirent leurs affaires et gravirent le grand escalier en bois sombre qui montait à l’étage supérieur. Shaélynn aurait pu s’y promener les yeux fermés. Enfant, elle avait d’ailleurs l’habitude de déambulé dans la maison dans une quasi pénombre. Elle aimait s’introduire en douce dans le bureau de son père ou même dans l’atelier de sa mère. Deux lieux où elle n’était pas autorisée à entrer en temps normal.

Avec les années, elle n’aurait plus été capable de dire ce qui l’avait le plus attirée dans ses pièces. L’interdit probablement. Surtout celui, plus stricte, qui entourait l’atelier de sa mère. Et pour cause car il avait jadis contenu les expériences de Mary. Fossiles de dinosaures, végétaux, gemmes semi-précieuses et objets anciens s’y cotoyaient pêle-mêle ! Certaines plantes qui décoraient la pièce n’étaient ni plus ni moins que des prototypes de plantes jurassiques. Mary ne les recréait pas ici mais elles lui avaient été offertes par des collaborateurs et amis scientifiques du Jurassic Park. Ces végétaux ne manquaient pas de donner à la pièce une étrange atmosphère. Et puis un jour Jonathan avait demandé à une équipe de nettoyage de s’en débarrasser après avoir compris que Shaé s’y introduisait la nuit.

Sur le pallier du premier étage, ils déposèrent leurs affaires. Shivak ne s’attarde pas et redescendit chercher les affaires manquantes. C’était donc à elle qu’incombait la tâche de faire le tour des locaux. Elle ferma les yeux. A gauche, la bibliothèque et un peu plus loin toujours à gauche une salle de bains puis le bureau de Papa. Derrière le premier escalier, dans son dos, un second qui menait à l’atelier. La tentation de se rendre là bas était grande mais elle résista. A droite, la chambre des parents avec sa petite salle de bain privé. Et après celle-ci, un peu plus loin toujours à droite, sa chambre. Sa chambre d’enfant, d’adolescente.  

Une chambre de fille aux murs roses, à la cheminée en marbre blanc et au parquet clair. Une grande chambre de petite princesse gâtée, très lumineuse avec ses deux immenses fenêtres hautes. Elle ouvrit les yeux. De là où elle était elle apercevait un petit bout de la pièce.  Une pièce aux murs roses défraichis et au parquet pourri par les années. Une part d’elle ne reconnaissait plus cette pièce. L’autre refusait de laisser un homme qui avait tentée de la tuer entrer ici. Cette chambre avait été son repaire et cette maison son foyer avant qu’on ne la chasse d’ici. Un foyer dont il ne restait que des murs pourris. Une boîte vide des personnes qui l’avaient fait exister.

Au final, Shaélynn se tenait toujours sur le pallier lorsque l’ancien journaliste arriva avec le reste de leurs affaires. Sentant sûrement que la décision était dure à prendre, il prit les devants. Après un rapide tour dans les deux chambres, il s’était avancé sur le pas de la porte de la chambre de Shaélynn et lui avait fait signe de rapatrier les affaires dans celle-ci. L’anglaise avait été prise d’un haut le cœur Shivak interpréta sa grimace comme une désapprobation et il lui lança les clés de la voiture. Au cas où elle lui trouvait toujours le véhicule plus à son aise pour y dormir ! Cette perspective l’enchantait presque plus ! En se remémorant le froid mordant de l’extérieur et le vent, elle capitula et lui lança les clés en signe de reddition.

Shaélynn se saisit de quelques sacs et les emmena dans sa chambre. Près de la porte, elle déposa le sac contenant ses outils de fouilles léger tandis que Shivak s’était chargé des pelles. Elle installa ensuite les sacs de couchage, le réchaud et lança son sac à dos sur l’un des deux sacs. Elle avait l’impression que l’air de la pièce était palpable. Il était poussiéreux en tout cas.

Bien loin de toutes les pensées nostalgiques qui agitaient l’esprit de la jeune femme, Shivak était déjà prêt à se mettre au travail malgré leur manque de sommeil et le fait qu’il était à peine 8h. Pour quitter Paris, ils avaient pris le train le moins cher qu’ils aient trouvé en surfant sur des sites de revente de billets. Ils avaient finalement déniché deux billets en dernière minute situés dans des wagons différents pour un départ prévu à 11h30. Ils en avaient eu pour 3h de trajet au total en comptant les correspondances et ils s’étaient rejoins à Londres à quelques rues de la gare. Ils devaient ensuite se rendre au manoir des Moore qui se situaient encore à quelques heures de route.

Après une étude stratégique du terrain et un rapide tour sur Internet ils avaient opté pour un trajet en car, discret et économique. Mais long. Ils avaient néanmoins eu le temps de planifier le reste du trajet et profiter des arrêts pour manger jusqu’au terminus 5 heures plus tard. Après avoir dormi dans une petite ville où ils avaient acheté leur équipement et loué une voiture, ils étaient partis en direction du village près duquel se trouvait le manoir. Pour ne pas attirer l’attention, ils ne s’y étaient arrêtés que de 19h à 6h du matin heure à laquelle ils avaient repris la route.

A 7h tapante ils s‘étaient retrouvé dans le village qui bordait le manoir des Moore. Il était près de 8h maintenant et Shaélynn ne parvenait pas à se rendre compte que quelques jours auparavant encore ils se trouvaient en Egypte.

Elle sortit malgré tout les feuilles sur lesquels elle avait imprimé les images satellite du terrain qui entourait le manoir. Un œil novice aurait pu sans peine imaginer qu'il s'agissait de la forêt amazonienne tant la végétation était dense. Elle avait évidemment trouvé des prises de vu plus anciennes mais la qualité n'était pas au rendez-vous. Avec des photos pourries et sa seule mémoire cela s'avérait compliquée. Au vu de la moue perplexe qu'abordait Shivak, il prenait conscience de la difficulté et surtout de l'absurdité de leur plan.


-Oui je sais... J'ai pas grand chose d'autres. Et ce collier est notre meilleure piste. Ça et le vieux plan sur lequel tu es assis. Elle vit Shivak se soulever légèrement de là où il était assis et regarder le plancher. Non dessous le plancher. Soulève la planche, insista la jeune femme.

L'homme s'exécuta sans grande conviction et découvrit que l'une des lattes était vacillante et parvient à la retirer assez rapidement malgré le fait que l’humidité ai fait gonfler le bois. A l’intérieur, il put trouver un petit coffre en plastique. A son air enchanté, Shaé comprit qu’il avait fait la mauvaise déduction.

-J’avais la manie de cacher des boîtes. Et dans celle là j’ai caché le plan. Suite à cette déclaration elle vit Shivak ouvrir la boîte et en sortir une feuille de papier victime des années. D’un air moqueur, il lui présenta le dessin qui ne ressemblait plus aux souvenirs de Shaé. Face à ses réflexions moqueuses, elle se défendit !

- J’avais 8 ans et c’est une carte au trésor tout à fait acceptable ! Donne moi ça au lieu de rire…

Après examen du plan, la jeune femme comprit qu'il n'allait décidément pas leur être d'un très grand secours...

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Shivak Garland

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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Jeu 19 Jan 2017 - 11:42

C'est sûr, ils étaient loin de trouver ce qu'ils étaient venu chercher. Mais bon, qui en voudrait à une enfant ayant mis tout son talent à l'oeuvre et dont le hobbie était de cacher des dizaines de boites à travers tout son domaine ? Surtout quant il s'agissait d'une oeuvre d'art, un moyen infaillible de faire mouche et de retrouver le fameux collier...
Après tout, qui n'aurait pas pu trouver le trésor avec un plan aussi joliment décoré :




C'était forcément une blague, elle se foutait de sa gueule et elle le faisait marcher, ce n'était pas possible autrement...
Il ne pu donc laisser échapper un rire moqueur. Il lui tendit donc la "carte" qu'elle réclamait d'un air furieux (oui, madame était susceptible...) et il remarqua qu'elle non plus n'avait pas l'air plus avancé devant ce dessin aussi vieux que ses souvenirs. Il l'a vit rougir et devenir perplexe. Bin mince alors, c'était vraiment trognon comme moue.


- "Allez Picasso, ne perdons pas de temps... J'ignore ce que tu veux tirer de ça, mais ça m'étonnerait sincèrement que toi aussi tu parvienne à t'en sortir. Et avant que tu ne répliques quoi que ce soit, ce n'est pas une boutade mais un fait. On ne retrouvera rien avec ta chasse à la licorne."

Dans la boite, ô miraculeusement sauvegardé par le temps, se trouvait un petit diadème en plastique, incrusté de magnifiques vraies fausses pierres précieuses. Shivak mis l'objet sur sa tête et d'un air enfantin qui ne lui ressemblait guère, il déclara avec une voix imitatrice d'une fillette de six ans :

- "Je suis la princesse Shaélynn et je vous ordonne de m'effacer la mémoire pour que je ne retrouve jamais ma stupide boite hyper ultra précieuse. Mais ne m'enlever pas mes souvenirs des petites fées des bois et des chevaliers d'émeraude..."

Sa Némésis se rua vers lui pour lui retirer l'objet de la tête, ce qui bien sur, le fit éclater de rire. Il la repoussa une nouvelle fois avant que celle-ci ne lui fasse une clef de bras, une prise de Jujitsu, et qu'ils ne retrouvent une nouvelle fois l'un sur l'autre.


- "Ça commence à devenir une habitude..."

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Quelques longues minutes passèrent durant lesquelles, Shivak tenta bien que mal de se mettre dans la peau d'un enfant qui essayerait de cacher un trésor. Comme n'importe quel personne, il aurait utiliser des points remarquable, un arbre difforme, un rocher, un sommet, une rivière... Bref, les endroits possible étaient très nombreux dans ce lieu hors du temps et rien ne pouvait confirmer que la nature n'avait pas repris ses droits depuis toutes ces années. C'était peine perdu. Il observa Shaélynn non loin de lui, exaspérée devant son dessin, prête à en faire un tas de miettes sans valeurs, mais elle était si obstinée, qu'elle cherchait à se souvenir et à comprendre la signification de tous ces dessins et de ses fameuses gomettes de couleurs.

- "Et si on le laissait la...?"

La question était pourtant évidente. Il y avait bien réfléchit. Si le collier était une clef et que personne ne pouvait la retrouver alors, autant que le secret reste préservé à jamais et que personne ne puisse mettre la main sur le "Projet T"

- "Personne ne serait capable de mettre la main dessus, nous n'y arrivons déjà pas nous même en présence de celle qui l'a caché. Comment pourrait-on un instant imaginé que quelqu'un puisse mettre la main dessus ? Tu penses vraiment qu'Handréas serait capable de fouiller chaque centimètre carré de l'île ?"

Ce n'était pas improbable, mais ça lui prendrait des années et...

- "Oublie ce que j'ai dit, il y a quelque chose que tu ne sais pas, mais qui vient de me paraître évident. Handréas est comme qui dirait "Immortel". Il utilise depuis des années une sortes d'élixir de jouvence à base du "Projet T", même si nous ne le trouvions pas, il mettrait tous les moyens possible pour mettre la main dessus et ses hommes sont très certainement sur notre trace, on ne peux pas traîner ici. On doit le trouver rapidement. Tu n'as vraiment aucune idée ? Pas la moindre piste ?"

Qu'avait-il appris déjà ? Les couleurs pouvaient beaucoup jouer sur notre psychologie, être source d'indices sur notre moi intérieur. Par exemple, Shivak aimait beaucoup le rouge. Ceux qui aiment cette couleur ressentent des vibrations stimulantes et positives. Ils se sentent revigoré, motivé, emporté par son énergie lumineuse. A l'inverse pour celui qui n’aime pas cette couleur : c ’est peut-être la conséquence de la déception, l’insatisfaction ou des désirs inassouvis.
Chaque couleur peut-avoir une signification dans la carte de "bébé Shaé", car la couleur produit un effet sur notre être auquel la mémoire affective mêle l’expérience que nous en avons... Les couleurs agissent sur nous, énervent ou reposent, diminuent, équilibrent ou renforcent notre vigueur. Elles provoquent des sensations de joie ou de tristesse.


- "Ce chemin de couleur que tu as représenté ? Il signifie quelque chose ? C'était quoi ta couleur préféré quand tu était petite ? Et par pitié ne me dit pas le "rose"..."

Ce n'était pas un reproche ou une nouvelle raillerie, c'était juste qu'il n'y avait pas de pastille rose sur la carte et que ça rendrait cette piste complètement inutile et absurde. Encore une fois.
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Shaélynn Moore
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MessageSujet: Re: °Convalescence°   Sam 28 Jan 2017 - 0:21

C'était fou de constater à quel point les souvenirs et la façon dont on percevait les choses évoluaient de manière drastique avec les années. Les deux étaient fortement liés de toutes manières. Notre perception de la vie autour de nous était faussée donc on enregistrait des souvenirs faussés. Et ces mêmes souvenirs étaient de plus soumis à l'altération des années. Les souvenirs s'usaient, se polissaient, nous apparaissaient plus lisses, plus brillants. L'enfance surtout. L'enfance et ses jeux, l'enfance et son immensité. Que le monde semblait grand quand on était si petit.

Plus jeune, Shaélynn avait même parfois pensé qu'en dehors du domaine familial, il n'y avait rien. Une sorte d'univers parallèle où rien de mauvais ne pouvait se produire puisqu'ils étaient seuls. Juste Papa, le personnel et elle. Ce monde parallèle fictif l'avait si souvent rassuré. Elle se disait que sa mère était morte dans l'autre monde, le monde du dehors. En avait résulté des caprices monstrueux chaque fois que son père devait s'absenter ou pire qu'il fallait sortir du domaine. Mais ce petit monde d'idéal l'avait trahi lorsque son père était finalement décédé dans l'enceinte même de la maison.

Même ici, la jeune Shaélynn n'était pas à l'abri du danger.

20 ans après Shaélynn ne se souvenait de rien du tout ça. Impeccable les souvenirs qui restaient était flous, déformés. Était-il malgré tout possible de tirer quelque chose du dessin ? C'était difficile à évaluer. Une foule d’éléments se pressaient sur sa feuille. Inutile de compter sur les distances entre les objets pour tenter de se diriger en tout cas.

Shaélynn n'avait aucune idée de ce que représentait les gomettes de couleurs, le château ou même la couronne. C'était tout bonnement inexploitable. A mi-chemin entre la gêne et la colère, puisqu'ils avaient tout misé sur cette piste, Shaélynn se mit à rougir, dépitée. C'était un spectacle particulièrement rare car la jeune femme perdait rarement contenance au point d'en rougir. Mais là après 2 ans de cavale et des ennemies à leur poursuite ils venaient de voir partir en fumée leur seule piste valable. Ils n'avaient pas été capable de mettre la main sur une clé pour le moment. Shivak la remit heureusement en marche tant bien que mal par ses piques moqueuses. Malheureusement, il avait raison.

Et encore tout n'avait pas été retiré de la boîte. Shivak se fit un plaisir d'en sortir un diadème en plastique rose avec des pierreries 100% toc. Et évidemment il ne résista pas à l'envie de se foutre de sa gueule. Si c'était censé la représenter c'était vexant. Elle ne se souvenait pas d'avoir aborder une telle barbe de 3 jours à l'âge de 6 ans. Comme l'imitation ne s'arrêtait pas et qu'elle était toujours sous le choc de la découverte du dessin, elle décida d'y mettre un terme. Pour cela il fallait supprimer son jouet au petit.

Elle se jeta sur lui mais il parvient à la repousser et partit dans un fou rire. Shaélynn en profita pour repasser à l’assaut. Elle lui bloqua le bras pour l’empêcher de riposter et enchaîna avec une prise dont elle avait souvent usé sur Noah qui avait peu ou prou la même corpulence que Shivak. La simple pensée du nom de son ancien compagnon lui laissa un sentiment d’amertume. Au dernier moment, à l’instant d’immobiliser son adversaire au sol, la jeune femme se souvint pourtant que l’ennemie souffrait encore de multiples contusions notamment thoracique et fit en sorte d’atténuer l’impact.

Non seulement on était loin de l’art du jujitsu mais la situation avait en plus un petit air de déjà vu assez malaisant que Shaélynn associait curieusement à deux odeurs : celle des vieux livres poussiéreux d’un côté et à la Vodka pure de l’autre. La couronne tomba au sol ainsi que les deux anciens espions qui atterrirent donc l’un sur l’autre.

- ça commence à devenir une habitude…

Shaélynn poussa un soupir exaspéré et se dégagea. Elle lui tendit la main pour l’aider à se relever et lança :
-Allez ! On commence les recherches vu le temps que ça va nous prendre…

Et effectivement, le temps passait lentement et défilait à la fois à une allure terrifiante. Ils avançaient au petit bonheur la chance espérant sans doute une illumination, un souvenir qui les auraient menés sur la bonne piste. Mais c’était le flou. Le jardin avait perdu la splendeur passée et les repères de la petite Shaélynn avait été englouti sous les ronces. Si Shivak tentait clairement une méthode de « ressenti » scrutant les endroits qu’il considérait attirant pour un enfant cherchant à cacher son trésor, la britannique s’essayait à une autre technique. Les yeux rivés sur son plan, elle se livrait à une véritable torture psychologique. Mais rien ne refaisant surface. C’était le black-out.

Ce souvenir qui lui avait semblé si pure, si intacte n’était que de la poudre aux yeux. Elle se souvenait avoir fait un plan, être parti seule avec une pelle d’enfant et avoir marché longtemps. Elle ne se souvenait simplement plus où. A l’époque cela n’avait pas été le cas. Elle avait sû où elle l’avait enterré mais avait toujours refusé de le dire. Et le fait de s’être magistralement grondé par son père n’avait rien changé. Il avait finalement lâché l’affaire subitement. Pour quelles raisons ? Shivak avait peut être une partie de la solution.
- Et si on le laissait là ?

Si Shaélynn ne parvenait pas à le localiser qui le pourrait ? Cela paraissait si simple. Peut être un peu trop. Il suffisait d’abandonner. Mais pour quoi faire ? Laisser toute cette agitation, cette suspicion grondé autour du Projet T sans agir ? Le parc ne serait jamais à l’abri des bras qui le convoitaient. Et tout ce pour quoi ils avaient œuvré serait utilisé à des fins inconnues. Et cela n’excluait toujours pas le risque que quelqu’un finisse par mettre la main dessus par hasard ou par volonté. Ce fut d’ailleurs la suite logique de la réflexion de Shivak.

Et allons bon que Handréas était immortel maintenant… On nageait décidément dans le cauchemar le plus absurde. Clairement Shivak ne lui avait pas tout dit. Ils avaient passé tellement de temps à se cacher mutuellement des informations que les partager n’était toujours pas une évidence. La défiance qu’ils éprouvaient l’un envers l’autre tendait à s’effacer mais demeurait toujours. Cet exemple en était la preuve. Il lui avait caché une information de la plus haute importance. Ils allaient avoir une conversation là-dessus prochainement. L’anglaise n’allait pas laisser passer cette information.

-Handréas immortel ok… On en reparle hein ? J’ai loupé des infos je crois ! Mais oui, on est suivi c’est sûr. Avec un peu de chance on a de l’avance. Personne n’aurait imaginé qu’une clé soit restée caché ici autant d’année. Pas après que le manoir ait été vidé en tout cas. La voix de Shaé était amer en évoquant ce dur moment de sa vie.

Cet échange n’apportait rien à leur recherche certes. Ni l’un ni l’autre n’avait la moindre idée de ce que signifiait le dessin. Sa couleur préférée ? Définitivement pas le rose. A vrai elle n’en avait pas et elle n’en avait jamais eu. La jeune femme aimait toutes les couleurs sans distinction. Sa garde robe fourni en témoignait. Ou plutôt sa garde de robe fourni en avait témoigné. Son dressing était resté sur Isla Nublar.

-Pas le rose non. Sa voix était ferme, concentrée. Elle voyait où l’américain voulait en venir. Mais elle n’était pas sûre d’avoir cherché à dissimuler une quelconque symbolique dans son plan. La vérité devait se trouver ailleurs, infiniment plus simple, plus terre à terre. Rouge, orange, jaune, vert, bleu, bleu marine et violet. Les sept couleurs de l’arc-en-ciel. Séparément les couleurs ne lui inspiraient rien du tout. Mais « les couleurs de l’arc-en-ciel » tout ensemble en revanche…

L’ancienne espionne stoppa net sa progression tandis que Shivak continuait à balancer des pistes de réflexion. Avant de s’apercevoir que sa coéquipière ne suivait pas et n’écoutait plus. Bordel ! Les sept couleurs de l’arc-en-ciel pourquoi est-ce que cela lui semblait si familier ? Elle ferma les yeux et fit le vide dans son esprit. Si elle se braquait là-dessus, elle n’allait pas se souvenir.

- Ok ! On fait une pause. Shaélynn était confuse mais elle tenta de se justifier. J’ai peut être quelque chose. Je sais pas quoi mais ça a un rapport avec les arcs-en-ciel. Elle pointa un doigt accusateur vers lui : interdiction de se moquer.  

Et soudain sous l’air narquois, la vérité s’imposa à elle. Les sept couleurs de l’arc-en-ciel.

-On est pas parti du bon côté !

Sans se perdre en explications, la jeune femme fit demi-tour en courant manquant à plusieurs reprises de tomber. Surtout qu’ils étaient plutôt chargé. Son jean s’accrochait parfois aux ronces mais elle s’en fichait. Elle rebroussa tout le chemin parcourut dans l’après midi pour revenir vers le manoir. Mais ce n’était pas sa destination finale puisqu’elle repartie en direction de la route qu’ils avaient suivi depuis leur voiture pour arriver ici. Arrivé du côté d’un bosquet, elle jeta pelle, sac à dos et instrument de fouilles pour se frayer un chemin parmi les ronces et les branches. La forme grise qui se dressait un peu plus loin lui indiqua qu’elle avait visé juste. Une fontaine était prise dans le bosquet mais surtout elle était entourée de deux cercles. L’un avait jadis contenu de l’eau tandis que l’autre avait accueilli de jeunes fleurs entièrement vertes. D’autres jardinières avaient été installées tout autour du manoir et différentes variétés y avaient été plantées. Cette jardinière tout particulièrement été situé en face de l’entrée de l’habitation. Et la gomette se situait face à la couronne.

Shaélynn ressortit du bosquet, des feuilles dans les cheveux, le visage et les mains écorchés par les ronces mais elle avait maintenant la certitude que ses jardinières avaient existé. Et elle était persuadée que les autres étaient possiblement toujours en place. Pas le temps d’aller chercher les points jaunes, oranges et rouges. Le massif de rosier qu’elle avait tant admiré depuis les fenêtres de sa chambre parlait de lui-même. Ensuite venait des Iris oranges et le parterre de tournesol.

Plus haut dans les hauteurs, des myosotis bleu clairs avaient été plantés, bien plus loin des Ipomées d’un bleu profond s’enroulaient autour du portail qui menait au kiosque. Shivak semblait interdit, n’osant prononcer un mot devant tant d’agitation de la part de la jeune femme.

-Y’a une fontaine sous le bosquet. Ma mère y a fait planter des fleurs. Il ne comprenait visiblement pas. Des fleurs vertes, insista-t-elle. Regarde le plan ! La couronne était sous le plancher de ma chambre et ma chambre… Elle se tourna face au manoir en désignant une fenêtre : est juste là ! Face au bosquet vert, face à… Elle pointa du doigt : la gomette verte. Elle se tourna une nouvelle fois et pointa successivement les anciens emplacements des jardinières : Roses rouges, Iris oranges, fleurs de tournesol plus au sud et là haut, ajouta-t-elle en montrant la pente qu’ils avaient mis plus d’une heure à dévaler en arrivant sur la propriété le matin même, d’autres variétés bleus. Quasiment que le « château » c’est le kiosque. Il y avait une glycine sur le kiosque. Avec des fleurs mauves. C’est ça le code couleur.

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