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 Texas-Houston : Du crin jaillit la plume.

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Aaron Wess

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MessageSujet: Texas-Houston : Du crin jaillit la plume.   Sam 10 Oct 2015 - 1:06

1998-12 Avril

Le printemps avait enfin pointé le bout de son nez au plus grand bonheur de tous, et, petit à petit, avait prit la place du froid hivernal, réchauffant la coque des bateaux qui stationnaient dans le port de cette petite ville tranquille. Les gens commençaient enfin à sortir de chez eux et à se promener de nouveau sur les quais, toujours cependant une écharpe autour du cou et une veste pour contrer les vents toujours capricieux des bords de mer. Les navires eux aussi commençaient à sortir de leur longue hibernation pour reconquérir les flots. Tous cela ressemblait plus ou moins à une renaissance; la vie enfin reprenait son chemin qui semblait toujours se stopper durant les périodes hivernales. Le froid déprimant avait perdu du terrain et dû renoncer à son royaume éphémère, la neige fut vaincu par les rayons du soleil. Les gens allaient enfin arrêter de se plaindre du froid pour se concentrer sur d'autres sujets de discussion, comme le pollen que les nouvelles fleurs naissantes répandront sous peu dans l'air, au grand damne des personnes qui y sont allergiques.

Ce matin était le moment de la semaine où les habitants de cette petite ville portuaire se rendaient au marché pour y acheter les produits des producteurs locaux ou pour simplement discuter. C'était là une sorte de rituel pour la plupart, d'autres au contraire se contentaient d'aller à la supérette du coin, ou encore de partir à la grande ville dans laquelle se trouvaient nombres de centres commerciaux et de boutiques alléchantes dont l'utilité des produits proposés variait grandement. Les marchands se postaient dans le centre-ville, là il y avait de la place, les quais étant évidemment pleins de boutiques touristiques qui proposaient de soit-disant "produit régionaux" et autres attrapes-touristes aux vacanciers un peu crédules qui venaient profiter de la plage en été; hélas en cet saison, ils ne gagnaient que peu, mais gardaient espoir.

Le chahut des passants et des commerçants parlant de choses et d'autres, racontant et déformant les potins entendus ci et là au hasard ou lu dans le journal fraîchement acheté, débattant de la hausse et de la baisse des produits ou discutant simplement de la pluie et du beau temps, réveillèrent un jeune homme qui dormait là, dans la rue. Il s'était endormi couché contre un mur, par terre, sur le trottoir gris et froid. Il portait un pull vert encore en état, une écharpe bleue et un vieux jeans troué, il n'avait aux pieds que des souliers bruns en faux cuir abîmés, mais la semelle tenait encore le choc malgré les heures de marche qu'elle avait accumulées. Il avait un long visage, de court cheveux châtains, rasés derrière dont les restes de chevelures étaient plus foncées, et des yeux ambrés. Il avait à ses côtés comme une valise, plutôt grande, assez vieille. Son accoutrement et ses affaires donnaient l'impression qu'il était là depuis des années, à dormir sur les pavés, sans abri, mais en réalité il n'était à la rue que depuis peu : quelques semaines tout au plus, qui pourtant lui avaient parues être des années. Il venait du village voisin, ne souhaitant plus le revoir il avait fait le chemin jusqu'ici il y a quelques jours.

Avec tout ce bruit, impossible de se rendormir. Le jeune homme se leva donc en grommelant et avec mollesse, fronçant les sourcils, il était manifestement encore fatigué. La foule ne l'intéressait pas, les produits proposés non plus; de toutes façons, il n'avait pas d'argent pour acheter quoi que ce soit. Il ne pouvait que regarder d'un œil envieux les cabas et les paniers pleins de victuailles qui lui épargneraient la douleur qui se faisait de plus en plus tiraillante dans son estomac. Il prit sa valise et se dirigea vers le port, le pas lourd et l'air renfrogné. Il détestait sa situation actuelle, mais ce qu'il détestait encore plus était le regard des gens sur lui, qu'il soit méprisant ou empli de pitié. Il ne voulait pas de la pitié des autres, et il avait horreur qu'on le prenne de haut; hélas c'était inévitable au vu des circonstances... Il se contenta donc d'avancer jusqu'aux rues qui longeaient le port en ignorant les autres autour de lui, il y aurait moins de monde et surtout moins de bruit, il serait tranquille.

Il traversa diverses rues plus ou moins larges d'un pas rapide, passa devant les boutiques destinées aux touristes qui étaient encore fermées, et finalement parvint à une rue qui donnait sur les bateaux qui dormaient là et sur l'océan qui s'étirait indéfiniment jusqu'à l'horizon. Il s'arrêta un instant, profitant de l'ambiance matinale. Le vent frais soufflait gentiment à travers les mâts et les voiles rabattues des navires, seuls les cris distants des mouettes au loin et le bruit des coques s'entrechoquant mollement de par le vent et les vagues qui s'écrasaient dessus résonnaient. Le jeune garçon profita de la brise légère qui caressait son visage fatigué, et se laissa emporter par l'odeur de la mer; il oublia un instant tout ce qui le tracassait : ses problèmes, les autres, sa situation actuelle. Un moment de répit entre la faim qui le déchirait et tristesse de son état. Cependant, ce ne fut que de courte durée; des enfants qui se chamaillaient vinrent le perturber dans sa transe, le bousculant en hurlant l'un sur l'autre. Il faillit tomber mais se restabilisa de justesse, il se retourna vers les gamins bruyants avec un air agacé comme pour leur crier dessus, mais il n'en eu pas l'envie pour une fois... De toutes manières, ils étaient loin à présent.

Tenant toujours sa valise en main, il continua d'avancer d'un pas furieux. Il fit le tour du port pour se calmer en tapant bruyamment de ses talons abîmés les pavés, faisant tourner quelques regards étonnés sur lui, puis il revint sur ses pas plus calmement une fois que la colère se soit un peu atténuée, mais néanmoins encore présente. Il finit par se poser sur un muret, tombant lourdement de tout son poids sur la pierre froide en soupirant. Une main sur le visage, le jeune homme passa quelque temps ainsi en essayant de penser à quelque chose d'agréable. Il regardait ses pieds en silence, puis leva la tête pour voir les gens se multiplier dans la rue, fugaces ombres qui passaient et fuyaient, silhouettes qu'il ne reverra peut-être jamais, ou qu'il croisera tous les jours sans jamais leur adresser la parole, qui sait. Cela lui importait peu à cet instant.

Les rues étaient devenues plus vivantes au fil des longues minutes qui passaient et les rayons du soleil avaient réchauffés quelque peu les pierres du chemin et les âmes, à part celle du garçon sans abri. Après une longue heure d'ennui profond, il se décida finalement à ouvrir sa précieuse valise. Il en sortit avec soin un chevalet en bois clair bien entretenu qu'il monta devant lui, puis une toile vierge, suivit d'une assiette déjà pleine de couleurs qu'avait laissé la peintures en séchant, de pinceaux dont les poils partaient dans tous les sens anarchiquement et dont les manches en bois foncé étaient tachés de bleu azur et de rouge vermillon, et de quelques feuilles de papiers jaunis et de diverses tailles sur lesquels étaient griffonnés des dessins plus ou moins abouties : des visages inconnus, parfois même incomplets, des paysages hasardeux et flous, des traits et des couleurs vaguement déposés sur le papier qui ne faisaient que peu de sens. Il sortit également de la valise une pancarte sur laquelle était écrite en lettres manuscrites mal formées et difficile à lire : "Ces peintures sont à vendre. Je prend les commandes, prix à négocier."

Cette grossière pancarte n'avait guère attiré de clients jusqu'à maintenant, il n'avait vendu de toiles qu'à une petite poignée de personnes, ce qui suffit à peine à le nourrir ces quelques dernières semaines. Pourtant c'était la seule chose qui pouvait aider l'homme à subvenir précairement à ses besoins, et la seule chose qu'il savait à peu près faire à vrai dire, après crier après n'importe quoi... La peinture était sa passion, hélas il dû se rendre compte par la force des choses que l'on ne vit pas toujours de ses passions. Les temps étaient durs pour tout le monde, et tous n'avaient pas les moyens de s'offrir une oeuvre du premier artiste de rue venu, surtout hors des saisons estivales où les potentiels clients, plus fortunés, étaient plus nombreux. Pourtant, dessiner le détendait, et cela lui permettait de décompresser dans un sens. En l'espace d'un instant il pouvait faire vivre ce qu'il voulait au bout de ses crayons et de ses pinceaux, il pouvait s'évader, penser à autre chose pendant qu'il faisait danser les couleurs et les formes sur ses toiles blanches; de cette manière il fuyait en quelque sorte sa situation, et cette pensée le réconfortait dans son malheur, quelque part...

Les heures défilaient, lentement mais sûrement, et quelques individus s'étaient agglutinés autour du jeune peintre. Auparavant, cela l'aurait quelque peu embarrassé voir agacé, mais désormais il n'y prêtait plus attention, il n'avait pas le choix de toute façon. Les curieux ne restaient en général que peu de temps, ils regardaient quelques minutes, voir parfois même à peine quelques secondes, puis s'en allait sans un mot. Ils étaient comme des fantômes, s'hasardant à se promener à côté du garçon puis disparaissant sans un bruit et sans trace en dépit d'avoir trouver quelque chose d'intéressant. S'en était déprimant à force, voir décourageant. Manifestement, les gens ici n'avaient pas l'intention d'acheter quoi que ce soit venant de lui, comme au village précédent où il a tenté sans grand succès de vendre quelque chose également. Il avait bien conscience que ce serait dur, qu'il fallait être patient, d'autant plus que cela fait peu de temps qu'il était dans cette situation, mais la motivation et l'espoir commençaient sérieusement à lui faire défaut. Il se demandait bien comment il allait s'en sortir, il aurait fallu qu'il trouve un travail, mais qui voudrait de lui ?

Le temps passait, passait, passait... Au alentour de midi, il n'y avait plus que très peu de personnes qui restaient, le reste étant parti déjeuner. Ah, déjeuner... L'estomac de l'artiste ne manqua pas de lui rappeler qu'il était désespérément vide... Il soupira et continua son travail, sur lequel il tenta de se concentrer au maximum pour oublier son ventre capricieux. Rester concentré, quel ligne tracer et où, quelle couleur mettre, et avec la quelle elle s'accordera le mieux ? Toujours faire attention aux détails, ne pas en faire trop, ni trop peu. Un coup par ici, et par là aussi... Ne pas oublier le coin ici, et surtout ne pas oublier le point de fuite, garder les proportions en tête, faire en sorte que la scène soit vivante, et respecter le jeu des ombres et des lumières... Les matières, faire ressortir les matières; mettre en valeur tel ou tel élément par rapport à un autre, jouer sur la balances des couleurs et...


"- Euh, monsieur, excusez-moi ?

- Ah... !"

Une main s'était posée sur l'épaule du jeune garçon, et une voix était venue perturbé sa concentration; il était tellement concentré qu'il en avait oublier tous les éléments de son entourage... Il lâcha son pinceaux en criant de peur et failli basculer en arrière, mais parvint à ne pas tomber en se rattrapant maladroitement à la pierre du muret sur lequel il était assis, l'autre recula également de quelques pas. Il regarda avec étonnement la personne qui était venue le déranger, la bouche encore grande ouverte de stupeur; ce qui lui donnait un air idiot, arrachant un sourire discret mais poli de l'inconnu en face de lui. Il s'agissait d'un jeune garçon, comme lui, mais il était plus petit. Il avait un visage un peu enfantin encadré par des cheveux noirs et avait de très beaux yeux, il portait un jeans azur tout à fait basique et une chemise blanche, il avait sur la tête une casquette bleue également. Aaron s'avança de quelques pas, timidement, vers le peintre abasourdi et lui demanda avec une voix un peu tremblante :

"- Pardon, je ne voulais pas vous déranger... Com-combien vous vendez ce tableau là ?"



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